LOCALISATION ///
La Galerie « M » était sise au 328, rue Saint-Jacques (a déménagé au 67, rue des Gravilliers 75003 Paris depuis septembre 2006) à quelques enjambées du Palais du Luxembourg et de l’Observatoire, et tout près de cet hôtel disparu ou Blaise Cendrars prétendait être né — L’Hôtel des Étrangers. Elle tire réconfort de ce triple voisinage, entre demeure de reine, miroir des astres et prime domicile du plus grand des poètes voyageurs.
Dès lors, le « M » de son enseigne sonne évidemment comme un aveu ou mieux, comme un impératif. S’il est aussi l’initiale de Meriem, nom de la co-fondatrice de l’établissement avec Paul Blanchard, ce n’est que coïncidence, ou presque. Cette capitale d’imprimerie a d’abord valeur de programme. Un programme en trois séquences : aimer, montrer, partir.
PETITE HISTOIRE ///
Née d’un simple élan d’enthousiasme, lancée en 2001 avec une exposition inattendue d’œuvres intimes de deux artistes soviétiques, Pimenov et Deïneka,
La Galerie « M » a résolument poursuivi son voyage en dehors des sentiers battus,
se découvrant en chemin de précieux compagnons de route, artistes français
et étrangers, aussi bien peintres que sculpteurs, céramistes ou photographes. Parmi eux Françoise Schein, Sophie Combres, Wabé, Rodolphe Hamadi ou Rachid Koraichi… En 2003, dans le cadre de « l’année de l’Algérie », le peintre néerlandais Corneille réalisait spécialement pour elle une série d’œuvres originales. Stimulée
par ce précieux témoignage de confiance, la même année, la Galerie « M » s’embarquait pour l’Irak, à la rencontre des peintres bagdadis, dans le vœu de montrer ce que le public occidental ne pouvait voir ni même souvent soupçonner : le formidable souffle créateur de jeunes et moins jeunes artistes qui, refusant l’exil, avaient jusqu’alors patiemment bâti en secret leur œuvre de liberté. L’exposition montée
en novembre 2003 rencontre un singulier succès. Les amateurs y découvrent avec intérêt les travaux du grand Noori El Rawi, ceux de Qassim El Sabti, de Fakher Mohammed et d’autres peintres de même force. L’expérience sera réitérée l’année suivante, avec le renfort de trois sculpteurs, et devrait l’être encore en 2005.
À la suite de cet événement, le groupe TotalFinaElf sollicite le concours de la Galerie pour organiser la venue à Paris, en mai 2004, de six artistes nigérians parrainés par l’entreprise, parmi lesquels le peintre Tola Wewe et le sculpteur Fidelis Odogwu.
Cette mission menée à bien au prix d’une expédition éclair à Lagos, la Galerie « M » est contactée à nouveau, cette fois-ci pour apporter son soutien à une manifestation contre les lois discriminatoires dont sont victimes les femmes du Maghreb. Depuis plusieurs années déjà, la Galerie s’attachait à faire connaître le travail de Feryel
et de Florence Aubin, deux femmes peintres étroitement liées à la Tunisie. Elle y ajoutera à cette occasion l’œuvre militant de Nadia Spahis et de Myriam Boccara, venues d’Algérie et du Maroc.
Et poussant toujours plus loin ses explorations, c’est d’Afrique du Sud qu’elle rapportera en 2005 sa prochaine cargaison de merveilles, avec des sculptures
de Stefan Carstens.
LES FONDATEURS: MERIEM LEQUESNE ET PAUL BLANCHARD ///
Meriem Lequesne est architecte et urbaniste de formation ; Paul Blanchard ingénieur et chef d’entreprise. Tous deux gens de métier, consacrant leur temps à organiser l’espace, ils se sont découvert une commune passion pour ceux qui, justement, passent leur vie à déconstruire le monde. D’une enfance turbulente passée entre l’Algérie, la Hollande et la France, de très nombreux voyages que leurs études puis leurs activités respectives les ont amenés à accomplir par tout l’Hexagone et à l’étranger, du Moyen-Orient aux États-Unis, en passant par l’Italie, l’Angleterre,
Cuba ou le Surinam, ils ont tiré un même appétit de rencontres et de découvertes,
et un même goût pour l’art, sous toutes ses formes, pour l’art qui apprend à voir, à déchiffrer et à comprendre. Aussi ont-ils un jour décidé de mettre à profit leur entente professionnelle pour créer un lieu neuf, où ne se montrerait que le seul fruit de leur erratique collecte : liens d’amitié, fragments d’images de l’univers.





